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Vous êtes plutôt Arconada ou Panenka ?

Trente-deux ans après Platini, seize ans après Deschamps, la Coupe Henri Delaunay qui sera remise au vainqueur de l’Euro 2016 est à Paris. Face à ce trophée installé dans le hall du siège de la filiale française de Hyundai, souvenirs de joueurs qui ont offert leur nom au football un jour de finale de Championnat d’Europe des Nations.

Fosbury, Salchow, Lutz, Axel… Ce ne sont pas des fautes de dictions de Nelson Monfort, juste des sportifs si inspirés qu’ils ont laissé leur nom à un geste encore utilisé dans leur discipline.

Dans le football aussi, la postérité a été offerte à quelques joueurs. Encore mieux qu’une Papinade, trois noms me reviennent, dont deux créés un soir de finale du Championnat d’Europe des Nations.

Commençons par le plus ancien… Le Tchécoslovaque Antonin Panenka s’approche du ballon. Il le place sur le point de pénalty. Nous sommes à Belgrade pour le dernier match de l’Euro 1976. La Tchécoslovaquie et l’Allemagne de l’Ouest étaient à égalité 2-2 après 120 minutes de jeu. Pour la première fois, l’Euro se joue aux tirs aux buts. Panenka est le cinquième titre. S’il marque, la Tchécoslovaquie remporte le titre.

Il s’élance. Le grand Sepp Maier plonge sur la gauche. Panenka effleure le ballon d’une petite pichenette et marque. Le geste est révolutionnaire. Pour beaucoup d’amoureux du beau jeu (dont je fais partie), il représente néanmoins une insulte à réserver aux cours d’école.

Parc des Princes, 27 juin 1984. Quatre jours après une interminable prolongation pour se défaire du Portugal (Platini à la 119e), à Marseille, la France devait encore batailler pour décrocher un premier titre international.

L’équipe type est alignée. Joël Bats dans les buts. Devant lui, Battiston, Le Roux, Bossis et Domergue. Au milieu, le carré magique : Fernandez, Tigana, Giresse, Platini. Et devant, Bellone et Lacombe. Sur le papier, l’Espagne de Julio Alberto et Carrasco ne doit pas être en mesure de résister.

Seulement voilà, la France n’a jamais rien gagner. Et elle ne sait pas par quel chemin aller chercher cette Coupe Henri Delaunay. Le carré bleu n’affiche aucune magie. La France ne porte pas le ballon et n’impose pas son jeu collectif. La finale est en une vraie. Elle ne doit pas être perdue, mais personne n’ose la gagner.

Mais la douceur du début d’été parisien n’avait plus rien à voir avec la chaleur de Séville. La peur était du côté des Espagnols. Cette crainte de se livrer a marqué l’histoire du football à la 57e minute.

Le meilleur gardien du tournoi place son mur quand Michel Platini place son ballon… Le Ballon d’Or est le plus grand artificier du moment. Arconada en a peur. Si tous les joueurs sont autour, cette action reste un duel entre les deux capitaines. Coup de sifflet, Platini s’élance, trois pas d’élan. Son corps est très en arrière, mais le ballon ne décolle qu’à mi-hauteur. Platoche ne cherche pas à passer au-dessus du mur. Arconada a déjà anticipé vers le côté protégé par son mur. Il reprend ses appuis alors que le ballon a déjà fait la moitié du chemin vers la ligne de but. Mais la frappe n’est pas très puissante. L’Espagnol se couche, capte le ballon. Dans l’instant, il semble vouloir regarder derrière lui. Il voit le ballon rouler vers la ligne, doucement. Arconada replonge. D’un coup de main, il ressort le ballon. Le mal est fait, l’arbitre porte son sifflet à la bouche. 1-0.

Il reste trente minutes à jouer. L’Espagne pousse, mais la France devient invincible. Carton rouge pour Le Roux, but de Bellone… Platini peut brandir son premier trophée en Bleu.

Le troisième joueur à avoir donné son nom à un geste est l’Algérien Rabah Madjer… 27 mai 1987, sous son maillot du FC Porto, il reprend un centre d’une reprise du talon, dos au but. En ce soir de finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions, il offre la victoire à l’équipe portugaise contre le Bayern de Munich.

Il faut noter que le Trophée Henri Delaunay que j’ai pu approcher chez Hyundai n’était pas dans le stade lorsque Panenka et Arconada sont entrés dans l’histoire… Cette version du trophée (18 cm plus grand et 2 kg plus lourd que l’original) date de 2008.

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